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Pascaline raconte … Les  grandes étapes  de l’Histoire  de Saint  Seurin  de  Cadourne

La préhistoire

L’Histoire de Saint Seurin de Cadourne, comme celle des autres villages des bords de Gironde, se confond avec l’Histoire de L’Estuaire .

Il y a environ 10 000 ans , la côte océane se situait plus à l’ouest . La remontée des eaux  provoquée par la fonte des glaciers de la dernière période glacière, submerge  une  partie du continent .

Les coquillages de toutes sortes, les oursins fossilisés que l’on trouve encore dans les vignes, restent un témoignage de ce patrimoine très ancien .

Vers – 9000 ans , la Gironde rejoint l’océan par un large delta  parsemé de petites îles sur lesquelles s’établiront un peu plus tard des habitats .
A  cette époque, la rive gauche de la Gironde est échancrée de nombreux golfes profonds. La Rivière s’enfonçait  dans les terres où s’installeront  les villages comme Saint Seurin de Cadourne… Le marais de Reysson, qui appartient en partie à la commune, formait un abri naturel où des peuplades  s’établirent .
Peu à peu, les alluvions apportées par le fleuve colmatent les golfes: les hommes vont pouvoir y vivre .

A partir de – 8500, des peuplades de chasseurs et de pêcheurs s’installent sur la côte et sur les îles.
On  a retrouvé de nombreux témoins de leur présence : haches de pierre, pointes de flèches, grattoirs  etc…
Sur le territoire de ce qui deviendra Saint Seurin de Cadourne, la  station néolithique « des Douves », et bien d’autres terres qui bordaient le golfe étaient riches de ces outils de silex .

Entre – 5000 et – 4000, les populations se sédentarisent en découvrant l’agriculture et l’élevage. C’est à cette
période que sont fabriquées les premières poteries .

A partir de – 2200 , commence le travail du métal, tout d’abord celui du cuivre venant d’Espagne.

Puis , de – 1800 à – 800, c’est l’âge du bronze, alliage de cuivre et d’étain venant de Cornouailles, en Angleterre . Cette importation de cuivre et de bronze  nous incite à penser que le commerce se faisait par voie d’eau. En ce qui concerne Saint Seurin de Cadourne, on peut imaginer que les ports de Mapon et de La Maréchale jouaient, dès la Préhistoire, un rôle important dans ce commerce.
Une des grandes spécialités médocaines est la hache de bronze étroite, à bords parallèles et à tranchant rectiligne. Munie d’un manche, elle pouvait servir d’outil, ou bien encore de monnaie d’échange.

Quelques spécimens de ces haches ont été découverts à Saint Seurin de Cadourne comme dans tout le Médoc.

L’antiquité

Vers -800, des envahisseurs venus d’Europe Centrale amènent la technique du travail du fer.
Les objets de fer ne se conservant pas dans les milieux humides, il est difficile d’en retrouver .
Nous ne savons donc pas grand-chose de ces populations primitives qui peuplaient le Médoc. Il est fort probable que certaines d’entre elles se soient installées sur le territoire de ce qui deviendra notre commune.

Un peu plus tard, jusqu’au 1er siècle avant Jésus Christ , arrive un autre peuple Celte: les Bituriges Vivisques.
Ce peule fonde Burdigala (Bordeaux) et s’installe à Brion, à quelques kilomètres de Saint Seurin de Cadourne, au fond du golfe du marais de Reysson:

Lorsque Jules César entreprend de conquérir l’Aquitaine, au milieu du 1er siècle avant Jésus-Christ, son lieutenant Crassus n’a aucune difficulté à occuper le Médoc dont les habitants, les Médulliens, adoptent très vite la façon de vivre de leurs conquérants, les romains . Les riches Médulliens construisent de magnifiques villas, autour desquelles se constituent de grands domaines agricoles.
Ces villas sont à l’origine de beaucoup de nos villages. A Saint Seurin, on peut citer les domaines de Sénilhac Doyac le lieu-dit « Le Villa » qui furent parmi ces grands domaines agricoles ( céréales et élevage ).
Ces grands domaines se trouvaient très proches de l’agglomération de Brion où sont édifiés un Temple, un Théâtre, des bâtiments publics, des habitations …
Très vite commence  dans ces domaines, la culture de la vigne, aux alentours de l’an 40 de notre ère, sous le règne de l’empereur romain Claude .


Origine du nom du port de « La  Maréchale »

Comme toute recherche, l’origine du nom du Port de La Maréchale a suscité nombre d’hypothèses.
Dans les cahiers Méduliens de 1982, sur l’origine des noms et lieux du Médoc Péninsulaire,Monsieur Charles Galy-Aché, nous livre une de ces hypothèses qui semble la plus vraisemblable.
« L’origine de ce nom paraît dater seulement du XVIIIème siècle et être liée à la constitution de « milices gardes-côtes ».
Le Port de La Maréchale avait, comme ses voisins Castillon et Mapon, le même caractère historiquement militaire et défensif.
« La Maréchale » était le nom d’une des galères françaises, qui au nombre de 15 participèrent au combat naval de Gènes le 1er septembre 1638, contre 6 galères de Sicile et 9 d’Espagne.
Selon Claude Masse, en 1696, des petits bâtiments et des galères se retirèrent dans le chenal. Parmi ces galères, y avait-il « La Maréchale » ? Est-ce cette Maréchale qui , à la fin de la guerre de 30 ans, rescapée du combat de Gènes et restituée par les Espagnols, a donné son nom au port ?
Elle gardera son secret, mais l’histoire est attachante et semble des plus probables .
Pascaline Aubeneau d’après Charles Galy-Aché
Les Cahiers Méduliens
La Maréchale Saint Seurin de Cadourne
autres sources:
Correspondence de Henri d ́Escoubleau de sourdis, archevêque de Bordeaux …
Par Eugène SUE

 


Histoire de la cave coopérative
La Paroisse Saint Seurin de Cadourne

« Au début des années 1930 , soufflait dans le Médoc un vent de coopération viticole , sous forme de Caves Coopératives de vinification … » Ainsi commence le récit de Charles Morillon dans son recueil de « Mémoires » . Membre fondateur de la Cave Coopérative , mon Grand-Père raconte les tout premiers pas de « La Paroisse »:

« C’était lors d’une belle journée de fin décembre … Après une chasse au chevreuil . Nous déjeunions chez un de mes cousins . » Monsieur Gustave Dubernet et Monsieur Charles Morillon possédaient tous deux un petit vignoble dans la commune. Charles Morillon voyait dans ce mouvement de créations de Caves Coopératives, un moyen de valoriser la production médocaine. Quant à Gustave Dubernet, il avait les mêmes raisons de souhaiter une telle création. «Au cours du déjeuner, nous décidions, profitant des élections municipales, de lancer le mouvement à Saint Seurin de Cadourne.»

Une réunion d’information eut lieu afin d’exposer le fonctionnement d’une cave coopérative , une nouveauté ! A l’issue de cette réunion , une cinquantaine de viticulteurs s’inscrivit. Un bureau provisoire se mit en place et la Société coopérative vit ainsi le jour.

Gustave Dubernet en fut le premier Président, Charles Morillon, le premier secrétaire, Joseph Périssé le premier Maître de Chai. E. Roi et A. Escaffré: vices-présidents , E. Grimaud : trésorier; Pihaut : trésorier adjoint ; L. Simon : Commissaire aux comptes, J .Bro : comptable salarié, Jean Roi : caviste salarié.

Un bâtiment restait à construire. Le Crédit Agricole avançait les fonds. Le choix de l’emplacement était à déterminer. Le Conseil d’administration décida d’établir la Cave Coopérative dans les murs qu’elle occupe encore de nos jours.

« Notre première vendange , celle des 56 viticulteurs fut apportée en 1935, alors que les bâtiments n’étaient pas tout à fait achevés. A la satisfaction de tous, la Cave tournait bien, notre vendange était vinifiée dans de bonnes conditions.

   

«Trois ans plus tard, Monsieur Gustave Dubernet dont la propriété avait grandi, quitta la Présidence»
Le Conseil d’Administration désigna alors Charles Morillon qui resta Président jusqu’en 1949. A cette date, Monsieur Eloi Bordeau devint Président pour de nombreuses années. Son petit-fils, Dominique Bordeau, reprenant le flambeau occupe cette fonction actuellement.

En 1948 , Charles Morillon qui avait apprécié les qualités de caviste de Jean Roi, réussit à convaincre le Conseil d’Administration de le nommer Maître de chai de La Paroisse. Jean Roi exerça la fonction durant 37 années, jusqu’en septembre 1985.

Aujourd’hui encore, dans le village, on ne parle pas de « La Paroisse » sans songer à: Gustave Dubernet, Charles Morillon, Eloi Bordeau, Joseph Périssé, Jean Roi … Pionniers de cette belle aventure !

Pascaline AUBENEAU
« Mémoires » de Charles Morillon

Vincent Richeux

Baptisée « La Paroisse »
Le mot « paroisse » tire son étymologie du Grec – Paroisse = habitations groupées autour d’une église –
Il est donc intéressant de se demander pour quelle raison les fondateurs de la cave coopérative lui ont donné ce nom! Deux éventualités s’offrent à notre curiosité :

La première : les viticulteurs associés voulaient signifier que leur coopérative était leur église autour de laquelle se rassemblèrent ceux qui croyaient en l’avenir. Cette explication est plausible mais peu probable !
La deuxième semble plus proche de la réalité : donner le nom « La Paroisse » à une cave coopérative relèverait de la plaisanterie, voire de la raillerie. Peut-être l’idée a-t-elle germé chez ces jeunes hommes engagés, que la liberté des idées et l’attrait de la transgression animaient…
En tout état de cause la deuxième explication rejoint la première et lui donne une saveur bien particulière …

Pascaline
Aubeneau